Yasmina Khadra | Ce que le jour doit à la nuit

Algérie 1936.
Younes n’a que 9 ans quand son père, spolié de ses terres ancestrales par un spéculateur, installe sa famille dans un bidonville à Oran, déterminé à remonter la pente pour offrir un vie décente à sa famille. Il refuse même, par fierté, l’aide de son frère, opulent pharmacien en ville.

lorsqu’accablé par la malchance, il doit se résoudre à confier Younes, à son frère, il s’enfonce. Younes va l’apercevoir de loin en loin, ivre et hagard. Abandonnée par son mari, sa mère végète avec sa soeur, avant de s’évanouir, elle aussi, dans la grande ville. Il ne les reverra jamais.

Grâce à ses yeux bleus et à son physique d’ange, Younes, désormais Jonas, se fait accepter par la communauté pied-noir aisée et devient ami avec Fabrice, Simon, André, Jean-Christophe. Ils vivent heureux, sortent, s’amusent, aiment, rêvent et survolent les drames de l’époque, tels la Seconde Guerre Mondiale et les premiers remous du nationalisme algérien. Jusqu’au jour où Emilie, va semer la pagaille, car elle flirte avec chacun des garçons, se fiance avec l’un deux, s’affiche avec un autre, se marie avec le troisième, tout en poursuivant Younes de ses protestations d’amour. Partagé envers loyauté pour ses amis et son amour, Younes n’ose pas suivre son coeur. Quand elle épouse Simon, il s’enferme en lui-même et se laisse envahir par la haine.

La guerre d’Algérie va tout détruire, et surtout son amitié exceptionnelle pour ses quatre amis pied-noir. Partagé, déchiré entre les valeurs de ses ancêtres et l’éducation reçue, comme la fierté et le respect de la parole donnée, il laisse partir Emilie et ne s’engage pas au côté de ses semblables dans le conflit, mais lui apporte son soutien quand c’est nécessaire. Mais le conflit se durcit et les colons qui ont exploité, sans contrepartie, les richesse du pays, s’enfuient en abandonnant tout.

Le roman se termine de nos jours à Aix-en Provence. Le fils d’Emilie a réuni tous les anciens compagnons de Jonas pour assister aux obsèques d’Emilie. Et tous ces vieux messieurs, ne peuvent contenir leurs larmes en repensant à leur Algérie bien-aimée. Yasmina décrit le grand gâchis de l’histoire où une terre fascinante et généreuse, qui aurait pu accueillir tout le monde, a vu des communautés se faire mal au lieu de s’enrichir au contact de l’autre. Pourtant, tout en décrivant les erreurs des uns et des autres, il montre aussi les bienfaits de la colonisation et la fascination des colons pour leur nouvelle Patrie, l’Algérie.

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