Percival Everett | Désert américain

Théodore Street, professeur à l’université de Los Angeles, marié et père de 2 enfants, est dans sa voiture sur ocean bld: il roule vers son suicide. Dépressif, convaincu d’être un loser, la quarantaine le pousse à ressasser ses erreurs et ses manques. Il a donc décidé de se supprimer. Un camion va s’en charger.

Ted vole à travers le pare-brise: son corps retombe d’un côté, sa tête de l’autre. Il est bel et bien mort et prêt pour des funérailles émouvantes, c’est-à-dire que sa tête est grossièrement recousu sur son tronc. A l’église, on assiste aux larmes sincères de son épouse et aux éloges hypocrites de ses collègues. Soudain, il se lève et sort de son cercueil.

S’ensuivent crises de nerfs, paniques et émeutes … Sa famille est à la fois heureuse, terrorisée et embarrassée par ce mort-vivant, surtout qu’une meute de journalistes les assiège. Tout décontenancé qu’il soit, Ted se sent transformé, plus fort, plus généreux, son esprit semble mieux fonctionner qu’avant. Il lui parait possible de réparer ses anciennes erreurs. Mais il est devenu l’objet de toutes les peurs et de tous les fantasmes mystico-religieux et scientifiques.

Après s’être fait enlever par une secte qui voit en lui un démon, il tombe entre les mains des services secrets qui ont pour mission de le livrer à un laboratoire secret qui va étudier son cas. Grâce à ses nouveaux pouvoirs, il parvient à se libérer. Convaincu de sa générosité, il n’hésite pas à braver les dangers pour sauver les enfants prisonniers de la secte, puis estimant que son devoir accompli, il a racheté ses erreurs et pour ne plus déranger le monde, il découd les fils de sa blessure.

Satire d’une société américaine déboussolée, mais histoire rocambolesque qui alterne entre délire et lucidité, l’évolution psychologique des personnages est bonne pour retracer le parcours de chaque être sur sa condition de vivant.

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